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. Le rapport IGAS sur Role et missions des AESH

Un rapport très fouillé qui va dans le même sens de ce que nous développons depuis de nombreuses années.

En prenant la question des AESH, sont en même temps  soulevées les questions clés :

Sommes nous au clair sur ce que désigne le sigle EBEP ?

Quelles nouvelles articulations avec le médico-social ?

Statut et précarité à peine tolérables des personnels AESH….

Les effectifs des classes ?

Surtout il est enfin question de l’accessibilité …  » Eclair lumineux  » pour quitter le modèle de la compensation…ONnévoque le Conseiller Principal d’accessibilité, niveau inter écoles, soutien aux enseignants, outils pédagogiques… et l’assistant d’accessibilité rattaché à la classe entière … 

Enfin l’intégration du médico-social directement dans l’école via les Poles  d’appui à la scolarité…

 

Une proposition de lecture audio de ce rapport avec l’aide de l’IA.... https://www.youtube.com/watch?v=EV_Zp9pNbNU

Pour ceux et celles qui veulent approfondir, le document en intégralité  sur file:///C:/Users/Utilisateur1/Downloads/Rapport%20IGAS-IGESR%20R%C3%B4le%20et%20mission%20AESH%20dans%20l’%C3%A9cole%20inclusive%20(2026).pdf

 

● AESH : Mieux connaître leurs vécus et leurs situations

La DEEP publie en mars,une enquête statistique  sur  » Les conditions d’exercice des Accompagnants d’élèves en situation de handicap. »

De nombreuses données chiffrées sont  révélées qui confirment le statut difficile de ces personnels. On peut constater aussi l’évolution en cours depuis la généralisation des PIAL ( Les PAS changeront-ils quelque chose ?) . En effet, la plupart suivent plusieurs élèves, seuls 12 % délivrent une aide individuelle.
Elles sont à 94% des femmes vivant en couple et ayant en charge un enfant. Les trois quart exercent sur un lieu unique.

Voici un court extrait de l’introduction :

Le nombre de lieux d’exercice et d’élèves accompagnés constituent des facteurs importants de variation de leur vécu professionnel. Les AESH déclarent étendre leur activité au-delà des notifications d’accompagnement – documents officiels de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) précisant les besoins des élèves dont la situation de handicap est reconnue administrativement. Ainsi, les AESH déclarent intervenir en pratique auprès d’un effectif d’élèves 1,6 fois supérieur en moyenne à celui faisant l’objet d’une notification.
Les trois quarts des AESH indiquent intervenir dans un lieu d’exercice unique. Les relations quotidiennes dans les écoles et établissements sont perçues comme très positives : moins d’une AESH sur dix rapporte un manque de respect dans ses interactions avec les élèves ou ses collègues.
En revanche, le sentiment de manque de reconnaissance sociale est fortement exprimé : à l’instar des enseignants (Ceesay et al, 2025), les AESH se disent peu valorisées socialement (85 %), tout en percevant une forte utilité de leur travail (85 %). La considération institutionnelle est jugée faible, et ce sentiment s’accentue vis-à-vis des échelons supérieurs, du niveau départemental au niveau ministériel.
Le métier d’AESH est associé à une charge émotionnelle importante : une sur quatre estime devoir cacher ses émotions ou faire semblant d’être de bonne humeur, une sur quatre déclare être en contact avec des familles en situation de détresse, et près de la moitié sont concernées par le fait de penser au travail dans leur sphère personnelle. Cependant, la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle apparaît comme un motif de satisfaction : neuf AESH sur dix déclarent ne pas dépasser significativement leur temps de travail prévu de 25,5 heures hebdomadaires, qui s’approche du temps de scolarisation des élèves. Ce métier les expose également à certaines formes d’atteintes, notamment physiques (coups, bousculades, blessures), plus fréquentes que pour les autres personnels (9 % contre 3 %).
Leurs constats rejoignent ceux des autres personnels des écoles et établissements scolaires, qui considèrent majoritairement que la réalisation de la mission d’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers nécessiterait davantage de moyens humains et une meilleure formation : plus d’un tiers des AESH (36 %) estiment avoir besoin de davantage de collègues pour exercer correctement leur métier. Environ la moitié évoque un manque de fournitures et d’espaces adaptés.
Les besoins en formation apparaissent également importants.

Des données objectives à consulter: https://www.versunecoleinclusive.fr/wp-content/uploads/2026/04/les-conditions-d-exercice-des-accompagnantes-et-accompagnants-d-l-ves-en-situation-de-handicap-481235.pdf

voir aussi sur le Café Pédagogique

● AESH : le sénat rejette la proposition de loi

Sous la pression de la revendication de longue date de la CFDT et de l’intersyndicale (sauf FO) une proposition de loi, portée par la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monier, prévoyait l’accès pour les AESH à un statut de fonctionnaire de catégorie B, avec une rémunération à temps plein et une véritable formation initiale. 
Examinée le 7 janvier 2026, la proposition de loi a été rejetée par la droite majoritaire au Sénat (Les Républicains, l’Union centriste et une partie du groupe Les Indépendants, République et territoires) appuyée par le gouvernement.

Les 145 000 AESH – qui constituent par leur nombre la deuxième catégorie de personnel de l’éducation nationale – travaillent à 98 % des cas à temps incomplet, donc à un salaire qui atteint moins de 1 000 euros net par mois. Mme Monier a rappelé qu’un tiers des AESH ont quitté leur poste entre 2020 et 2023. La création d’un statut aurait permis de « renforcer l’attractivité et la rémunération » du métier, mais aussi fidéliser ces personnes « devenues essentielles » à l’école inclusive. A la rentrée 2025, il manquait plus de 45 000 AESH pour accompagner les élèves, avec de fortes disparités selon les territoires.

suite à lire ici ou sur le site de votre syndicat préféré.

● Nous, les AESH, on ne parle pas aux parents

Nadia et Élodie, toutes deux AESH en école élémentaire, échangent autour d’une prescription qui semble avérée concernant le fait de parler aux parents. Toutes les deux n’ont pas la même approche et lors d’un entretien croisé, elles s’expliquent. Depuis plusieurs années, Frédéric Grimaud cumule des centaines d’heures d’entretiens avec des professeur.es des écoles.

Et dans votre établissement, est-ce que ce sujet a été abordé entre (tous) les interessés ?

Un court article du café pédagogique à lire ici

• Relations AESH /Enseignants

L’institut français d’éducation propose une conférence sur « Les formes changeantes de l’invisibilité, entre reconnaissance et subordination des AESH « 

Hélène Buisson-Fenet, sociologue de l’éducation et de la formation, fait part de ses recherches autour de la relation enseignant / AESH au sein de la classe et se propose d’explorer la qualité de la relation et la complémentarité de ces métiers.
Cette conférence a été enregistrée en avril 2023, lors d’une formation de formateurs intitulée « École inclusive : former à la collaboration enseignant·es / AESH au sein de la classe ».

• Faciliter la lecture d’articles pour les DYS

Découvert sur OutilsTice, le site de Fidel Navamuel

Surligner, annoter, supprimer les publicités…

Readermode. Personnaliser, adapter et faciliter la lecture d’articles sur le Web pour les DYS

Readermode est une extension pour le navigateur Chrome (et application web pour Firefox, Edge, etc.) qui permet d’adapter et de personnaliser la lecture à l’écran de n’importe quel article Web. Tout est personnalisable pour offrir une expérience de lecture sur mesure sans aucune distraction inutile. Cette extension propose de nombreuses fonctionnalités particulièrement intéressantes dans un contexte éducatif. Elle est notamment très utile pour les élèves dyslexiques ou ayant des difficultés de concentration.

Pourquoi Readermode peut-il être utile pour les enseignants ?
Readermode peut être un outil précieux pour les enseignants et les élèves. Il permet non seulement de faciliter la lecture d’articles en ligne, mais aussi de mieux organiser les informations et de se concentrer sur le contenu essentiel. Voici quelques avantages clés pour les enseignants :

  • Améliorer l’accessibilité pour les élèves dyslexiques : Readermode propose des polices spécialement conçues pour les élèves souffrant de dyslexie, leur permettant de lire plus facilement et à leur propre rythme.
  • Faciliter l’analyse de texte : Les fonctions de surlignage et d’annotation permettent aux enseignants et aux élèves de mettre en évidence les parties importantes d’un texte, facilitant ainsi la compréhension et l’étude.
  • Optimiser la préparation des cours : Les enseignants peuvent sauvegarder des articles, les annoter, et les archiver pour une utilisation ultérieure, simplifiant ainsi la préparation de supports pédagogiques.

La version gratuite de Readermode bénéficie des principales options proposées. Il existe une version Premium… payante, bien sûr !

Description sur le site OutilsTice

Sur le site de l’éditeur Readermode

• Quelques outils numériques pour l’accessibilité

Une sélection proposée sur le site d’actualités et d’informations des circonscriptions ASH du Pas-de-Calais.
Ces ressources seront bien sûr utiles aussi aux AESH.

Le site ASH 62

A noter, le site propose dans les « ressources numériques », le cartable de poche ASH62, qui permet de regrouper sur une clef USB une série d’applications pour l’élève sans nécessiter une installation. Mais les versions Windows de ces logiciels datent un peu et n’ont pas été actualisées. A tester donc…

• Un chien en Ulis

 

C’est l’histoire d’un berger australien… enfin, c’est plutôt l’histoire de Nancy Mazimann, AESH (accompagnante d’élèves en situation de handicap) à l’ULIS TSA de l’école élémentaire de Huttenheim, qui vient tous les matins en classe avec son chien Pirate ! D’une initiative personnelle qui visait à accompagner les élèves dans leurs émotions et leurs interactions, elle en a fait un projet d’innovation pédagogique validé par la Cardie de son académie. Une idée qui a du chien ! 

Un mini podcast publié par le réseau Canopé relatant le témoignage d’une AESH qui a eu l’idée de faire entrer un chien (éduqué à l’accompagnement) à l’école; projet validé par sa hiérarchie bien sûr…

• AESH, prioriser l’accessibilité pédagogique

 » Sortir de la logique quantitative du« tout aide humaine » pour entrer dans une démarche plus qualitative, centrée sur les besoins de l’enfant afin de l’accompagner vers la réussite scolaire et plus d’autonomie. »

Le rapport d’information sur les modalités de gestion des ASEH, pour une école inclusive, publié par la commission de la culture, de l’ éducation et de l’information du sénat présidé par Mr Cédric Vial, met en évidence  que la scolarisation des élèves en situation de handicap passe pour de nombreux acteurs , parents, enseignants, AESH,  personnels des MDPH , par l’attribution d’une aide humaine au détriment de nouvelles pratiques pédagogiques  d’adaptation et de mise en accessibilité des situations pédagogiques.

L’augmentation quantitative du nombre d’AESH ne pourra s’étendre davantage . La présence des aides humaines doit mieux s’organiser et se combiner avec des changements de représentations et de pratiques pédagogiques.

Ce rapport montre aussi les différences de traitement et d’attribution des aides humaines suivant les MDPH… Comment  discerner et analyser les besoins des élèves et ajuster ainsi les aides humaines de façon à toujours viser le développement de l’autonomie et la participation maximum de l’élève à ce qui est proposé en classe ?

De nombreuses recommandations sont proposées qui concernent bien sûr la professionnalisation des AESH( statut et formation) et leur pleine reconnaissance comme membres de l’équipe éducative ; l’amélioration des relations avec les familles sur les plans administratif, juridique, relationnel; une coopération réelle et plus impactante avec le secteur médico-social.

Lire « L’essentiel du rapport »

• Quand la peur détruit le bon sens…

A entendre dernièrement différentes situations, ou certains commentaires, il y a bien deux constats inquiétants à faire et qui interrogent le sens même de l’école inclusive.

– Le premier est celui de l’épuisement des enseignants et de leur découragement. Comment celui-ci peut- il être expliqué et être entendu ?

  • La situation sanitaire qui s’était calmée en ce début d’année est à nouveau problématique, entraînant des absences, non remplacées… des classes qui se ferment. Une zone d’incertitudes s’étend comme un paysage rempli de brouillard.
  • La difficulté parfois, à travailler en équipe, à sentir l’appui d’un collectif… Faute de temps, faute de moyens humains pour baliser ce travail.  Quant au soutien et à la compréhension des instances institutionnelles…
  • Le sentiment corroboré par les chiffres, d’une augmentation du nombre d’élèves avec des besoins particuliers à suivre dans chaque classe, est réel. Ce qui entraîne à la fois des questions sur la qualité de son propre travail, un sentiment d’impuissance et de découragement… Et pourtant, pour la grande majorité des enseignants, le désir d’accompagner tous les élèves au mieux est bien présent. Cela entraîne ensuite de nombreuses rencontres avec les parents. Lieux d’écoute, de confiance réaffirmée de part et d’autre mais aussi lieux de malentendus, de blessures ré ouvertes, de sans issue parfois. Cela entraîne aussi de nombreuses réunions d’équipes (éducative ou de suivi de scolarisation) dans lesquelles les différents partenaires se mobilisent ensemble au service du projet du jeune ; mais aussi des moments difficiles d’incompréhension, de positionnements non ajustés, de prises de pouvoir, de non reconnaissance de ce qui est vécu, travaillé par les uns et les autres… de trois pas en avant, de deux pas en arrière.
  • Comment alors répondre à cet épuisement ? Les moyens ne sont pas toujours là, et actuellement, il y a tant de lieux où nous sommes à la limite de l’acceptable. Mais n’avons-nous pas fait fausse route en sur personnalisant au lieu de repenser la classe autrement, de prendre en compte d’entrée de jeu les invariants présents (Il y a des élèves qui sont en difficulté de lecture, écriture, d’attention, de mémorisation, d’anticipation et planification…) afin de préparer supports, démarches adaptées, en concevant les séances rendues accessibles ? 
  • Il nous faut sortir de cette fuite en avant et croire que nous résoudrons cette situation en augmentant le nombre d’AESH. C’est bien une responsabilité collective qui est engagée et sans doute une transformation plus radicale de l’école qui doit être pensée. L’école inclusive doit se dégager de l’organisation en classe d’âge, d’un programme unique. D’autres formats pédagogiques peuvent fonctionner avec plus de flexibilité et de créativité.

Le deuxième constat est celui de la prédominance du modèle médical qui entraine avec lui, une sur catégorisation, une sur administration, une sur personnalisation et donc la poursuite d’une stigmatisation et d’un regard social qui ne change pas. Plusieurs exemples en disent longs.

  • Pourquoi monter un dossier MDPH lorsqu’une équipe éducative en accord avec les parents demandent un maintien justifié en grande section ?  Quand pourra-t-on mettre en œuvre une vérité de bon sens qui est celle de reconnaitre que tous les enfants ne se développent pas tous au même rythme et que certains peuvent avoir besoin d’un peu plus de temps, tout simplement…  On installe par cette procédure une désignation qui n’a pas lieu d’être, qui engrange une angoisse chez les parents, l’enfant bien sûr et les enseignants…
  • En classe de CM2, deux élèves bénéficiant du dispositif ULIS travaillent en mathématiques avec leur AESH. Ils sont placés un peu à l’écart des autres, pour pouvoir mieux travailler. En regardant de plus près cette situation, nous nous apercevons que l’AESH est là pour calmer d’éventuels gestes déplacés de l’un et un débordement émotionnel éventuel de l’autre.  Ces deux réactions ne se produisent que rarement. Pourquoi alors ne pas constituer autour de ces deux élèves, un petit groupe ? L’AESH pourrait alors être plus utile dans cette aide ainsi mutualisée. L’autre question posée par cette situation, est celle de la compréhension de ce qui semble être craint… ces élèves sont connus de leur camarade, de l’enseignant… Alors il s’agit simplement de faire avec. Je suis sure d’ailleurs que certains enfants auraient le comportement tout à fait ajusté à ces éventuels débordements.
  • Un enfant, grand prématuré, entre à l’école. il n’est pas propre. Le médecin rédige un certificat mettant en relation la grande prématurité et le fait que dans son développement, il n’a pas encore ses 3 ans et de faire un PAI … Me sont revenues les images d’une classe en Italie où il est tout à fait convenu que certains enfants ont encore des couches et que cela n’est pas dramatique… On leur apprend simplement à changer leur couche de façon autonome… et cet apprentissage se met en place tout seul.

Au travers de ces exemples, nous voyons bien que nous avons perdu notre bon sens … et un peu de notre humanité. Pourquoi ? Par peur… Il faut tout classifier et entrer dans des process qui garantiraient les actions menées. Mais qui garantit que les actions énoncées dans ces process ne comportent pas elles aussi leur part d’erreur ? Comment pouvons-nous faire à nouveau confiance ? Confiance en nous-même, en notre jugement, en notre créativité ? Confiance en l’autre ? L’école inclusive est une école humaine et non une école standardisée, normative, robotisée …

Ressaisissons-nous… vite.  Construisons des relations de compréhension et d’élargissement de notre vision… Nous trouverons les solutions au quotidien… en dialogue avec les parents, en collaboration avec toutes les ressources humaines de l’école, y compris celles que sont nos élèves… et prenons nos responsabilités pour regarder en face ce qui ne tient pas la route et ajuster nos réponses à nos valeurs, nos convictions. Inventons des contournements aux injonctions paradoxales qui maintiennent cette vision médicale et catégorielle et surchargent de travail et d’angoisse enseignants, parents et enfants.