Archives de l’auteur : Véronique Poutoux

. Engagements et mesures de la CNH 2026.

Voici le document restituant ces engagements pris lors de la conférence nationale du handicap de 2026 et les mesures qui en découlent.

Lire le document de synthèse

Quelques points d’attention:

Le titre donné à cette conférence:  » d’une société inclusive à une société pleinement accessible. »  indique-t-il vraiment une orientation forte vers la logique d’accessibilité ? Veut-on vraiment réguler la logique de compensation ou du moins la réorienter vers une logique du droit à participation ? Un titre qui  pourrait devenir un vrai slogan d’engagement politique et fédérer la société civile.

La méthode dite participative « faire avec et pour les personnes handicapés » Il est vrai que la conférence témoignait d’une participation réelle de personnes aux parcours de vie extraordinaires et d’engagements militants pour tous. d’autre part, les différents collectifs ont bien été associés à la préparation de cette conférence et ont soumis de nombreuses propositions. Pourtant, les retours suite à cette feuille de route évoquent majoritairement une déception. Peu ou pas de mesures concrètes. Une « bonne volonté » certes de poursuivre cette grande transformation. Les mots employés en témoignent: accompagner, encourager, poursuivre … Peut-il en être autrement dans le contexte actuel ? Cela reflète-t-il un passage de stabilisation de  ce qui a été engagé en 2023 ? A suivre donc.

A voir aussi, des chiffres qui confirment une évolution réelle de la scolarisation des élèves en situation de handicap, le développement des aides humaines, toujours jugé insuffisant, le développement de nombreux dispositifs et des PAS.

A noter que sont intégrés dans ce tableau des chiffres concernant les activités sportives et les nouvelles « solutions medico éducatives »

 

Enfin Voici le tableau des 16 engagements :

On notera que le premier engagement concerne cette notion d’accessibilité et sa déclinaison dans l’organisation d’une stratégie entre collectivités territoriales, état et usagers. Cela concerne essentiellement le transport, le bâti et tout ce qui permet une autonomie possible dans la vie quotidienne. Aucun lien avec l’accessibilité pédagogique !

Les deux engagements suivants concernent davantage la question de l’accessibilité à l’éducation et à la formations dans le cadre scolaire et universitaire ? En particulier,  la mesure 10 évoque enfin « l’accessibilité des environnements scolaires et des situations d’apprentissage« . Cette nécessité est confirmée au niveau universitaire où nous retrouvons la formulation ‘ d’accessibilité pédagogique » .

La mesure 11 montre la volonté de développer un nouveau modèle d’accompagnement médico -social au sein des établissements. Il s’agit  encore  » d’expérimenter » c’est dire si la question est complexe, le chemin difficile pour un vrai changement de paradigme.  L’engagement 14 approfondit cette question et dit vouloir que le médico social soit désormais aux cotés  » du droit commun et non plus à côté » , à généraliser pour l’école … aux cotés des acteurs de l’école et non plus à coté… Certes, il y a un élan, nous aurions souhaité une formulation moins consensuelle et plus claire. non pas aux cotés de l’école mais dans l’école. Nous savons cependant la complexité de cette transformation qui passera pas de nombreuses expérimentations locales, reposant sur des acteurs en synergie : acteurs de l’ARS, des instituts et des établissements scolaires. La phase de baisse des effectifs est sans doute une opportunité à saisir dans ce moment d’évolution.

Nous noterons  enfin de nouveaux engagements très positifs au delà de la question scolaire: l’accompagnement à la parentalité, l’accessibilité aux pratiques sportives, culturelles et de loisir .

. ANAE N° 201 – Anxiété, refus scolaire, troubles du comportement, souffrance psychique… Quel impact sur les apprentissages ?

Pourquoi certains enfants n’arrivent-ils plus à apprendre alors qu’ils en ont les capacités ?

Anxiété, refus scolaire, troubles du comportement, souffrance psychique… Quels repères scientifiques pour mieux comprendre et accompagner les enfants et les adolescents aujourd’hui ?

 

Dossier coordonné par Agnès Piquard-Kipffer, Institut National Supérieur de formation et de recherche pour l’Éducation Inclusive CY-INSEI – Grhapes (UR 7287) et Jérémy Zytnicki, laboratoire Éducations et Promotion de la Santé (LEPS UR 3412) – USPN 

Les professionnels de l’éducation, de la santé et de la rééducation rencontrent aujourd’hui des enfants dont les difficultés psychiques influencent directement les apprentissages, le comportement et le parcours scolaire.

Distinguer difficultés scolaires, troubles psychiques et troubles du comportement.

Identifier les repères scientifiques qui perettent aujourd’hui de mieux accompagner les élèves.

Le dossier ANAE N°201 réunit des chercheurs et des professionnels de Belgique, de France et du Luxembourg pour faire dialoguer les approches éducatives, psychologiques, médicales et pédagogiques autour d’un même objectif : mieux comprendre l’impact de la santé mentale sur la scolarité et les apprentissages.

Parce que la santé mentale n’est plus seulement une question de soins, mais aussi une question d’école, d’apprentissages et de coopération entre les professionnels.

Dans ce dossier, vous trouverez des repères scientifiques, des analyses de terrain et des pistes concrètes pour :

Mieux comprendre les liens entre santé mentale, apprentissages et parcours scolaire.

Clarifier les notions de santé mentale, troubles psychiques et troubles du comportement grâce à des repères issus des référentiels psychiatriques et éducatifs.

Comprendre comment l’environnement scolaire (architecture, bruit, luminosité, organisation des espaces) influence le bien-être et les apprentissages.

Accompagner les élèves en souffrance psychique en classe grâce à des pistes de réflexion et à la démarche A.O.D. (Accueillir, Observer, Décaler).

Mieux repérer les troubles psychiques et neurodéveloppementaux et comprendre l’intérêt d’une approche multidisciplinaire précoce.

Favoriser la continuité entre école, soins et famille pour accompagner les élèves dont le parcours scolaire est fragilisé.

Comprendre le rôle du psychologue de l’Éducation nationale dans le repérage, l’inclusion et la prévention.

● Mise en accessibilité d’un TP de cuisine en Lycée professionnel

Notre collègue Sandra Sperandio, coordinatrice d’un dispositif Ulis en Lycée professionnel nous propose son cheminement pour rendre un TP de cuisine plus accessible.

Vous trouverez le document de départ donné aux élèves, l’analyse des obstacles et la version modifiée.
Un bel exemple de mise en accessibilité.

Atelier d’analyse d’une activité .

Voici le diaporama qui sera projeté aux élèves pendant la séance.

CUA LES LEGUMINEUSES diaporama

● « Scénariser les espaces, c’est aussi scénariser les apprentissages « 

Christophe CARON, ingénieur pédagogique nous propose une réflexion utile et nécessaire sur les liens entre espaces et apprentissages…

Espérons que lors de rénovations, de constructions , les multiples aspects de « l’apprendre »  soient bien pris en compte et modifient peu à peu les visions très traditionnelles de l’école.

 

 

. Nous pouvons faire autrement. IL est grand temps .

De part et d’autre, la logique de la seule compensation individuelle se trouve questionnée.

Le rapport de l’IGESR et de  l’IGAS montre l’épuisement d’un modèle qui repose sur l’accroissement exponentiel  de demandes d’aides humaines. Depuis la loi de février 2005, nous avons conservé un système hybride qui continue de séparer les enfants et adolescents entre école et structure spécialisée. Au niveau pédagogique, la personnalisation des parcours a été privilégiée,

Si bien sûr, nous déplorons le statut précaire des AESH et leur non reconnaissance, nous pensons qu’il est grand temps de faire autrement si nous voulons réellement une école qui soit le lieu de vie ordinaire de tous les enfants, préparant ainsi de mieux en mieux une société inclusive où la question du handicap fait partie de notre vie à tous. Nous sommes tous concernés. En cette période de choix politiques importants pour notre pays, cette vision peut constituer le socle d’un projet de société qui se tourne résolument vers  l’accessibilité du bâti, des transports, des loisirs, du logement, des apprentissages, des relations… Nous devons franchir le cap d’un regard qui est ajusté dans la relation à chacun, meme si nous devons encore apprendre à dépasser appréhension première devant des corps, des expressions, des mouvements différents.

Il y a bien à repenser le système dans sa complexité, en quittant les positions idéologiques et les défenses de pré carré. Il nous faut quitter les seules logiques médicales, catégorielles et de droit à pour volontairement et collectivement choisir les logiques environnementales et de droit pour participer.

Cela suppose de réinterroger le cœur de ce qui se joue dans les classes: effectif, climat, pratiques d’accessibilisation des apprentissages, organisation des espaces, flexibilité, mise en valeur des progrès de chacun et de tous, entraide et coopération.

Cela suppose de réinterroger l’organisation des établissements scolaires pour dégager des temps de concertation entre enseignants pour permettre une analyse des pratiques d’enseignement, entre enseignants et éducateurs, assistants d’accessibilité et intervenants médico-sociaux… Cela suppose de favoriser les différentes modalités de co enseignement. La classe n’est plus sous la seule responsabilité d’un seul enseignant face à un groupe d’élèves. Cela suppose de repenser des espaces qui ne se calculent pas au nombre de m2 par élève, mais qui s’organisent en fonction des différents besoins  des élèves et des adultes. Besoins différents, suivant les âges, les approches pédagogiques… besoins parfois plus spécifiques mais pouvant profiter à tous… Salles de répit, de sensorialité, de soins … Cela suppose la rencontre voulue et progressive entre les différents acteurs sur un même territoire dans un maillage à échelle humaine. Cela suppose des équipes interprofessionnelles qui se construisent peu à peu dans une confiance réciproque au service de tous les élèves.

Cela suppose d’interroger les ministères de tutelle :

Pour l’éducation nationale, veulent-ils vraiment d’une école inclusive ? Quelle école voulons-nous : élitiste,égalitaire ( faussement) ou équitable? Quels savoirs enseignés ? quantité ou qualité ? Savoirs, savoir-faire et savoir être pour notre siècle ?

Pour le ministère de la santé…   Veulent-ils vraiment développer des établissements universels ? C’est à dire considérer les établissements scolaires comme les lieux de vie ordinaires pour tous les élèves en mettant en synergie avec les équipes enseignantes et éducatives dans cet espace les ressources spécialisées dont ils disposent ?

Cela suppose un autre maillage, et de nouvelles configurations des lieux, et des pratiques interprofessionnelles.

Nous pouvons commencer à voir de ci- delà, des expériences allant dans ce sens-là. J’avais la chance d’assister il y a peu à une journée dans un collège dans lequel un IME s’est installé depuis septembre 2025. Il ne s’agit pas d’une unité d’enseignement externalisée… Non l’expérience va plus loin car des moyens humains ont été mis en place, l’équivalent de 2,5 TP, enseignant spécialisé, éducateur et différents professionnels qui interviennent sur place. De son côté le collège a pu proposer des salles suivant les besoins des jeunes ; salle pour les cours, salle de répit, sensorialité et bureaux pour dispenser les soins nécessaires.

La réussite de ce projet tient à la volonté d’acteurs locaux, aux rencontres qui se sont tissées en amont ( préparation de 3 ans en amont …), projets réunissant les deux publics d’élèves avant septembre 2025, rencontre des équipes de part et d’autre, analyse des pratiques pédagogiques en vue de les rendre plus accessibles à tous. Dans le quotidien actuel, les jeunes de l’IME sont devenus des collégiens. ils partagent, temps de restauration, pause et participent à différents projets interdisciplinaires. Les professionnels apprennent à travailler ensemble. Il y a encore du chemin à faire mais l’année qui vient accueillera 8 nouveaux collégiens de l’IME…
De telles expériences vont réellement transformer l’école et la société. Donc , Oui , nous pouvons faire autrement !

Véronique Poutoux, Juin 2026.

● Vous avez dit DAR !

Aurèle Maurez , auteure, nous propose une infographie très claire sur le dispositif d’Auto-régulation. Dispositif qui montre les liens constructifs entre médico-social et éducation nationale, au service des enfants avec des troubles neuro développementaux mais aussi pour tout élève qui en aurait besoin à un moment ou à un autre.

Voici le lien sur Linkedin

● Le rapport IGESR/IGAS sur Role et missions des AESH

Un rapport très fouillé qui va dans le même sens de ce que nous développons depuis de nombreuses années.

En prenant la question des AESH, sont en même temps soulevées les questions clés :

Sommes nous au clair sur ce que désigne le sigle EBEP ?

Quelles nouvelles articulations avec le médico-social ?

Statut et précarité à peine tolérables des personnels AESH…

Les effectifs des classes ?

Surtout il est enfin question de l’accessibilité …  » Éclair lumineux  » pour quitter le modèle de la compensation…On évoque le Conseiller Principal d’accessibilité, niveau inter écoles, soutien aux enseignants, outils pédagogiques… et l’assistant d’accessibilité rattaché à la classe entière … 

Enfin l’intégration du médico-social directement dans l’école via les Poles d’appui à la scolarité…

 

Une proposition de lecture audio de ce rapport avec l’aide de l’IA.... https://www.youtube.com/watch?v=EV_Zp9pNbNU

Pour ceux et celles qui veulent approfondir le document en intégralité

● Les 18 propositions de Trisomie France pour une école pour tous

En vue de la Conférence Nationale Handicap qui va se dérouler en JUIN, Trisomie France publie ses 18 propositions. Rappelant les articles du droit international et français, l’association montre les limites de l’aide humaine telle qu’elle a été conçue jusqu’à maintenant et la nécessité de l’accessibilité aux apprentissages.

● « Aider l’enfant à faire œuvre de lui-même »

Le café pédagogique nous livre ce lundi 4 mai un entretien avec Philippe Meirieu et Xavier Bouchereau.  Voici quelques extraits qui m’ont particulièrement rejoint et qui redisent le sens profond de notre métier. 
Dans le livre, « Parce que nous croyons encore à l’éducation, Erès 2026, Philippe Meirieu, emploie à plusieurs reprises l’expression « aider l’enfant à faire œuvre de lui-même ». C’est une très belle expression, qui embrasse la question éducative dans toute sa poésie. L’éducation est ainsi un art : un art qui se consacre à une œuvre qui n’est pas la sienne. Si nous pouvons accompagner un enfant sur le chemin de la vie, sa destination ne nous appartient jamais ; il lui revient de la découvrir.
Ce rappel est essentiel à un moment où de nombreuses voix plaident pour  définir des protocoles sécurisés que les enseignants auraient à décliner. Toutes les nouvelles connaissances acquises grace aux sciences cognitives ne disent pas la complexité de cet « advenir » possible de chaque être humain. Nous ne fabriquons pas des objets  mais conduisons nos jeunes élèves vers le plein épanouissement de leur potentiel. C’est une belle oeuvre à laquelle nous contribuons.

Et, ainsi définie, la pédagogie n’est ni une science (avec des prescriptions à appliquer mécaniquement) ni une affaire de charisme individuel, c’est un « art de faire » : construire un cadre sécurisant et stimulant, préparer des progressions, être attentif aux événements qui surviennent, observer et comprendre ce qui se passe, prendre les bonnes décisions au bon moment.

Oui cet « art de faire » est tellement subtil, passionnant et sollicite chez l’enseignant et les équipes une part de recherche, de créativité, d’analyse. Les mises en oeuvre qui en découlent ne sont jamais garanties car surgit toujours inattendu de la réception par les élèves de nos propositions… Tous les instants de  « flow » nous étonnent nous-mêmes, quand tout va bien , que les élèves s’engagent pleinement, que la classe ressemble à une ruche qui s’organise et développe questionnement et pensées… Et quand rien ne fonctionne, il nous faut reprendre comme un tisserand sur le métier, chercher où sont apparus des nœuds…
La coéducation, ce devrait être cela : des portes qui s’ouvrent tout au long d’une vie en devenir, sans que nécessairement d’autres se ferment. Des possibles offerts à l’enfant dans des espaces différents, où ils peuvent s’éprouver et expérimenter d’autres manières d’être. Pour que ces portes restent ouvertes, il est important que l’école ne se ferme pas aux ressources de l’animation socioculturelle ou sportive, que les familles s’ouvrent à l’école, que la protection de l’enfance écoute davantage les familles. Bref, les adultes doivent reconnaître ce que les autres apportent à l’enfant, sans exclusive. Ils doivent accepter la différence de ces apports. Mieux encore : les soutenir, comme une nécessité pour que l’enfant grandisse. 
Merci de cette si juste définition de la co éducation… Quand l’école devient uniquement l’école de la performance et de la compétition, qui se croit la seule entité légitime d’enseignement, elle  produit des adultes enfermés dans leur égo et leur recherche de pouvoir. Ils instrumentalisent les enfants pour qu’ils deviennent des super héros dont ils seront fiers… Ouvrons-nous donc aux ressources humaines diverses. L’école est au service des ressources en chacun à développer ensemble.

● Enfin des mesures de simplification !

Est-ce possible ? Enfin sont annoncées des mesures de simplification pour le suivi des saisines et dossiers MDPH.

Voir l’ensemble des 18 mesures proposées à compter de septembre 2026 : du bon sens/ une diminution de la charge administrative…
voir https://handicap.gouv.fr/sites/handicap/files/2025-07/Dossier-presse-Restitution-Tour-France-des-solutions-juillet-2025.pdf

Et ci-dessous une infographie récapitulative réalisée par Charlotte Martin-Chave, à consulter sur Linkedin :