Archives de l’auteur : Véronique Poutoux

. Vous avez dit DAR !

Aurèle Maurez , auteure, nous propose une infographie très claire sur le dispositif d’Auto-régulation. Dispositif qui montre les liens  constructifs entre médico-social et éducation nationale, au service des enfants avec des troubles neuro développementaux mais aussi pour tout élève qui en aurait besoin à un moment ou à un autre.

Voici le lien sur Likedin: https://www.linkedin.com/posts/aur%C3%A8le-maurez-4943911ba_on-entend-de-plus-en-plus-parler-des-dar-share-7465408671418834944-6syP/?utm_source=share&utm_medium=member_ios&rcm=ACoAAAR0Hd4B7wnL0hGNLIybX2WSjGj3PphlvcU

. Le rapport IGESR/IGAS sur Role et missions des AESH

Un rapport très fouillé qui va dans le même sens de ce que nous développons depuis de nombreuses années.

En prenant la question des AESH, sont en même temps  soulevées les questions clés :

Sommes nous au clair sur ce que désigne le sigle EBEP ?

Quelles nouvelles articulations avec le médico-social ?

Statut et précarité à peine tolérables des personnels AESH….

Les effectifs des classes ?

Surtout il est enfin question de l’accessibilité …  » Eclair lumineux  » pour quitter le modèle de la compensation…On évoque le Conseiller Principal d’accessibilité, niveau inter écoles, soutien aux enseignants, outils pédagogiques… et l’assistant d’accessibilité rattaché à la classe entière … 

Enfin l’intégration du médico-social directement dans l’école via les Poles  d’appui à la scolarité…

 

Une proposition de lecture audio de ce rapport avec l’aide de l’IA.... https://www.youtube.com/watch?v=EV_Zp9pNbNU

Pour ceux et celles qui veulent approfondir le document en intégralité

Les 18 propositions de Trisomie France pour une école pour tous.

En vue de la Conférence Nationale Handicap qui va se dérouler en JUIN, Trisomie France publie ses 18 propositions. Rappelant les articles du droit international et français, l’association montre les limites de l’aide humaine telle qu’elle a été conçue jusqu’à maintenant et la nécessité de l’accessibilité aux apprentissages.

. « Aider l’enfant à faire oeuvre de lui-même »

Le café pédagogique nous livre ce lundi 4 mai un entretien avec Philippe Meirieu et Xavier Bouchereau.  Voici quelques extraits qui m’ont particulièrement rejoint et qui redisent le sens profond de notre métier. 
Dans le livre, « Parce que nous croyons encore à l’éducation, Erès 2026, Philippe Meirieu, emploie à plusieurs reprises l’expression « aider l’enfant à faire œuvre de lui-même ». C’est une très belle expression, qui embrasse la question éducative dans toute sa poésie. L’éducation est ainsi un art : un art qui se consacre à une œuvre qui n’est pas la sienne. Si nous pouvons accompagner un enfant sur le chemin de la vie, sa destination ne nous appartient jamais ; il lui revient de la découvrir.
Ce rappel est essentiel à un moment où de nombreuses voix plaident pour  définir des protocoles sécurisés que les enseignants auraient à décliner. Toutes les nouvelles connaissances acquises grace aux sciences cognitives ne disent pas la complexité de cet « advenir » possible de chaque être humain. Nous ne fabriquons pas des objets  mais conduisons nos jeunes élèves vers le plein épanouissement de leur potentiel. C’est une belle oeuvre à laquelle nous contribuons.
Et, ainsi définie, la pédagogie n’est ni une science (avec des prescriptions à appliquer mécaniquement) ni une affaire de charisme individuel, c’est un « art de faire » : construire un cadre sécurisant et stimulant, préparer des progressions, être attentif aux événements qui surviennent, observer et comprendre ce qui se passe, prendre les bonnes décisions au bon moment.

Oui cet « art de faire » est tellement subtil, passionnant et sollicite chez l’enseignant et les équipes une part de recherche, de créativité, d’analyse. Les mises en oeuvre qui en découlent ne sont jamais garanties car surgit toujours inattendu de la réception par les élèves de nos propositions… Tous les instants de  « flow » nous étonnent nous-mêmes, quand tout va bien , que les élèves s’engagent pleinement, que la classe ressemble à une ruche qui s’organise et développe questionnement et pensées… Et quand rien ne fonctionne, il nous faut reprendre comme un tisserand sur le métier, chercher où sont apparus des nœuds…
La coéducation, ce devrait être cela : des portes qui s’ouvrent tout au long d’une vie en devenir, sans que nécessairement d’autres se ferment. Des possibles offerts à l’enfant dans des espaces différents, où ils peuvent s’éprouver et expérimenter d’autres manières d’être. Pour que ces portes restent ouvertes, il est important que l’école ne se ferme pas aux ressources de l’animation socioculturelle ou sportive, que les familles s’ouvrent à l’école, que la protection de l’enfance écoute davantage les familles. Bref, les adultes doivent reconnaître ce que les autres apportent à l’enfant, sans exclusive. Ils doivent accepter la différence de ces apports. Mieux encore : les soutenir, comme une nécessité pour que l’enfant grandisse. 
Merci de cette si juste définition de la co éducation… Quand l’école devient uniquement l’école de la performance et de la compétition, qui se croit la seule entité légitime d’enseignement, elle  produit des adultes enfermés dans leur égo et leur recherche de pouvoir. Ils instrumentalisent les enfants pour qu’ils deviennent des super héros dont ils seront fiers… Ouvrons-nous donc aux ressources humaines diverses. L’école est au service des ressources en chacun à développer ensemble.

● Enfin des mesures de simplification !

Est-ce possible ? Enfin sont annoncées des mesures de simplification pour le suivi des saisines et dossiers MDPH.

Voir l’ensemble des 18 mesures proposées à compter de septembre 2026 : du bon sens/ une diminution de la charge administrative…
voir https://handicap.gouv.fr/sites/handicap/files/2025-07/Dossier-presse-Restitution-Tour-France-des-solutions-juillet-2025.pdf

Et ci-dessous une infographie récapitulative réalisée par Charlotte Martin-Chave, à consulter sur Linkedin :

 

● AESH : Mieux connaître leurs vécus et leurs situations

La DEEP publie en mars,une enquête statistique  sur  » Les conditions d’exercice des Accompagnants d’élèves en situation de handicap. »

De nombreuses données chiffrées sont  révélées qui confirment le statut difficile de ces personnels. On peut constater aussi l’évolution en cours depuis la généralisation des PIAL ( Les PAS changeront-ils quelque chose ?) . En effet, la plupart suivent plusieurs élèves, seuls 12 % délivrent une aide individuelle.
Elles sont à 94% des femmes vivant en couple et ayant en charge un enfant. Les trois quart exercent sur un lieu unique.

Voici un court extrait de l’introduction :

Le nombre de lieux d’exercice et d’élèves accompagnés constituent des facteurs importants de variation de leur vécu professionnel. Les AESH déclarent étendre leur activité au-delà des notifications d’accompagnement – documents officiels de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) précisant les besoins des élèves dont la situation de handicap est reconnue administrativement. Ainsi, les AESH déclarent intervenir en pratique auprès d’un effectif d’élèves 1,6 fois supérieur en moyenne à celui faisant l’objet d’une notification.
Les trois quarts des AESH indiquent intervenir dans un lieu d’exercice unique. Les relations quotidiennes dans les écoles et établissements sont perçues comme très positives : moins d’une AESH sur dix rapporte un manque de respect dans ses interactions avec les élèves ou ses collègues.
En revanche, le sentiment de manque de reconnaissance sociale est fortement exprimé : à l’instar des enseignants (Ceesay et al, 2025), les AESH se disent peu valorisées socialement (85 %), tout en percevant une forte utilité de leur travail (85 %). La considération institutionnelle est jugée faible, et ce sentiment s’accentue vis-à-vis des échelons supérieurs, du niveau départemental au niveau ministériel.
Le métier d’AESH est associé à une charge émotionnelle importante : une sur quatre estime devoir cacher ses émotions ou faire semblant d’être de bonne humeur, une sur quatre déclare être en contact avec des familles en situation de détresse, et près de la moitié sont concernées par le fait de penser au travail dans leur sphère personnelle. Cependant, la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle apparaît comme un motif de satisfaction : neuf AESH sur dix déclarent ne pas dépasser significativement leur temps de travail prévu de 25,5 heures hebdomadaires, qui s’approche du temps de scolarisation des élèves. Ce métier les expose également à certaines formes d’atteintes, notamment physiques (coups, bousculades, blessures), plus fréquentes que pour les autres personnels (9 % contre 3 %).
Leurs constats rejoignent ceux des autres personnels des écoles et établissements scolaires, qui considèrent majoritairement que la réalisation de la mission d’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers nécessiterait davantage de moyens humains et une meilleure formation : plus d’un tiers des AESH (36 %) estiment avoir besoin de davantage de collègues pour exercer correctement leur métier. Environ la moitié évoque un manque de fournitures et d’espaces adaptés.
Les besoins en formation apparaissent également importants.

Des données objectives à consulter: https://www.versunecoleinclusive.fr/wp-content/uploads/2026/04/les-conditions-d-exercice-des-accompagnantes-et-accompagnants-d-l-ves-en-situation-de-handicap-481235.pdf

voir aussi sur le Café Pédagogique

● CUA à l’université

L’Université Catholique de Louvain (UCL) propose un document très clair sur la pédagogie universitaire rendue accessible pour tous. Les auteurs redonnent les origines du projet, présentent de façon très claire les principes de la CUA et illustrent leur mise en pratique dans des cours délivrés auprès des étudiants.

Cette présentation claire, concise accompagnée d’exemples dans différents cours peut permettre à des enseignants en lycée de travailler l’accessibilité pour tous leurs élèves des dispositifs pédagogiques proposés. Elle peut aussi accompagner ces pratiques à l’école et au collège.

Reste comme dans de nombreuses présentations à creuser la question de l’identification des obstacles contenus dans les scenari pédagogiques.

A lire

● Les enjeux actuels d’une école inclusive Acte II, pour les chefs d’établissement

Depuis 2023, les recommandations de la Conférence Nationale pour les personnes handicapées montrent un mouvement lent mais qui se construit peu à peu vers les logiques environnementales, vers une place plus grande faite à l’accessibilité sur tous les plans, et  envisagent de nouvelles modalités de travail entre secteur du médico-social et éducation nationale. Allons- nous vraiment vers une école inclusive , Acte II ? et dans ce cas quelles conséquences pour les chefs d’établissement.

Je vous propose déjà deux axes de travail pour mener à bien avec vos équipes cette évolution :

Donner toute sa place à l’animation pédagogique.

En effet, l’animation pédagogique semble avoir été oubliée, submergée par les aspects administratifs liés à la sur personnalisation des parcours. Or, si les enseignants sont démunis dans les pratiques au regard d’élèves qui les mettent en difficulté, comment les accompagnons-nous ? Peut-on penser sérieusement que des modules en visio, portant sur la connaissance des troubles et les obligations qui sont les leurs,  peuvent suffire à rendre les pratiques pédagogiques inclusives ? L’animation pédagogique portée par le chef d’établissement doit permettre de mobiliser l’équipe sur les vrais enjeux de cette transformation, de revisiter les pratiques de différenciation pédagogique en pointant ce qui est déjà là, de se déplacer collectivement vers l’accessibilité pédagogique. Pour cela, je vous propose plusieurs axes de travail :

– Recenser les ressources en interne : enseignants, AESH, élèves, familles / Quelles expériences peuvent-ils analyser, formaliser et partager  ?

– Faciliter et organiser des temps de concertation : entre enseignants, entre enseignants et AESH, entre enseignants et autres professionnels …

– Faire exister un conseil pédagogique , ou créer une équipe motrice

– Favoriser le co-enseignement, les co-observations qui constitueront ensuite un matériau à analyser et à formaliser.

– Proposer une méthode de travail pour ces temps de concertation afin qu’ils soient constructifs.

– En privilégiant l’accessibilité pédagogique, les projets personnalisés n’ont plus toujours besoin d’exister (en particulier les PAP qui contiennent souvent les mêmes indications) , en quittant la logique médicale et du droit à, alors il est nécessaire de mettre en œuvre une politique « maison » des aménagements proposés. Cela conduira à développer une logique du droit pour participer.

Les compensations liées à l’hygiène, à l’alimentation, aux déplacements demeurent nécessaires et relèvent alors de notifications de la MDPH et de la présence d’une aide humaine pour certains élèves.

Nouvelles modalités de collaboration avec le secteur médico-social

Il va s’agir de transformer des partenariats au cas par cas par des partenariats institués autour de projets fédérateurs qui chercheront à trouver les meilleures réponses ensemble aux besoins des jeunes. Pour cela :

– Connaître les ressources existantes sur son bassin, son secteur.

– Faire connaissance avec les responsables, en cela être pro actif. Solliciter des RV ; mais aussi inviter ces partenaires à des moments forts de la communauté éducative, ou  des temps pédagogiques de réflexion.

– Monter des événements festifs autour de projets par et pour les jeunes.

– Envisager des actions possibles  dans un timing donné.