Archives de l’auteur : Philippe DUBOIS

• Les différents types de FeedBacks

Dans le cadre scolaire, l’enseignant donne à ses élèves quantité de feedbacks. Ceux-ci permettent aux élèves de progresser dans leurs apprentissages et d’accepter les erreurs. Mais quelles sont les différentes fonctions et natures du feedback, et comment les dispenser de manière efficace ?

Un film d’animation sur les différents types de feedback, scénario de Bénédicte Dubois. Une production de CANOPÉ.

https://www.canotech.fr/a/37908/les-differents-types-de-feedback

Une occasion de découvrir ou redécouvrir la banque de ressources CanoTech, le plaisir des formations courtes et pratiques en libre accès pour enrichir vos compétences et une mine pour les formateurs !

https://www.canotech.fr/

• Enseigner : faire naitre des résonances intérieures !

« J’ai eu le bonheur de voir dans une école des quartiers dits chauds de Marseille une centaine de jeunes (trois classes regroupées) boire de tout leur être « Le Cantique des Cantiques » scandé et chanté par le musicien Jean David dans un silence de clairière. Pas une syllabe de ce texte sublime ne se perdait. Comment a-t-on pu croire qu’il fallait simplifier et réduire pour être entendu ! Il n’y a que devant le médiocre, le banal, le fonctionnel, l’utilitaire à tous crins que bien des oreilles se font sourdes.
La meilleure issue pour sortir du marasme : repartir du plus haut.

Dans les « Mémoires » de Marc Chagall qui relatent sa miséreuse enfance à Vitebsk, un shtelt de Russie, une scène déchirante :
Le maître d’école entre un matin dans la classe avec un papier jaune qu’il déroule avec prudence et épingle au mur : « Les Mains Jointes » de Dürer.
Le saisissement de l’enfant devant ce dessin fait fracture dans la grisaille coutumière ; il y a désormais pour lui un avant et un après.
Ce dessin lui donne à voir le monde créé. Non que ce monde n’ait pas été là avant ! Que de fois l’enfant aurait-il pu observer dans la réalité même qui l’entoure les mains jointes d’une vieille femme ! Mais il ne suffit pas d’avoir des yeux pour voir. Il faut encore cette collision inattendue : un « autre » – du fond du temps et de l’espace – vous « donne » l’usage de vos yeux.
Ainsi naquit Marc Chagall.
Peut-être l’éducation n’est-elle pas autre chose que cette mise en scène de possibles rencontres, cet espace où se créent les conditions d’un surgissement. Pour l’un, ce sera un épisode de l’histoire, un volcan en éruption, les découvertes de Sumer ou de l’empire aztèque, pour l’autre la dernière strophe d’un poème ou le choc lumineux d’un principe mathématique.
« Le carré de l’hypoténuse d’un triangle droit est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. »
« Ce théorème, disait Lewis Caroll, est aussi beau, aussi éblouissant aujourd’hui qu’à l’heure ou Pythagore le découvrait. Les siècles n’en ont pas altéré la limpidité. »
L’homme est le fils des obstacles, selon un proverbe chinois. Il est aussi et surtout le fils de ces collisions fortuites, de ses jonctions fulgurantes, de ces éclats d’éveil dont crépite la Vie, quand l’âme est aux aguets ! 

 

Ce texte, extrait du livre de Christiane Singer « N’oublie pas les chevaux écumants du passé » porte une toute autre vision de l’école que celle de cette réforme nommée « choc des savoirs ». Le mot CHOC pour heurter, pour réveiller, pour agresser aussi. Mot qui tombe durement sur les réalités de vie des enseignants, des élèves, des parents et des chefs d’établissement. Mot qui veut provoquer… Quoi ? Qui ?

Christiane Singer nous redonne une vision de l’éducation qui parle de l’être humain, de son développement dans toutes ses dimensions. Il nous renvoie, je pense, aux profondes motivations qui nous ont fait choisir ce métier de la transmission qui s’émerveille sans cesse de ce que les hommes ont observé, construit, développé, cherché, dans une multitude de domaines.

Dans cet extrait,  nous entendons les rencontres possibles, le surgissement, la collusion, les fulgurances… Un vocabulaire qui parle de ce qui  se joue pour nos élèves au cœur des apprentissages, un lien fort entre une proposition didactique et une vibration avec le monde  intérieur de chacun… Monde intérieur de l’enseignant qui met son génie particulier au service d’une conception de l’apprentissage ciblé. Pourquoi le choix de ce tableau de Dürer » Les mains jointes » ? Monde intérieur de l’élève qui est touché spécifiquement,  qui s’ouvre, qui résonne et qui crée une dynamique de curiosité, un désir d’explorer, une envie d’avenir…

Ces mots qui témoignent si bien du sensible, présent toujours et partout, qui sous tendent la matière. Alors, oui , nous pouvons mettre en parallèle les images de nos  classes où cette merveilleuse alchimie ne se vit pas tous les jours et se sentir parfois découragé… Mais nous pouvons aussi retenir ces micro détails que ponctuent les gestes, les mots, les  silences de nos élèves.

Quand le « CHOC des savoirs » ne parle que des fondamentaux, de formatage, de standardisation, la dimension sensible a disparu… La fragilité si belle et si touchante de nos intelligences et de nos cœurs n’est plus prise en compte. Les enseignants appelés à exécuter pourront-ils encore extraire une vieille feuille jaunie d’un tableau qui s’est imposé à eux pour aborder telle notion ?

Certains de nos élèves, plus fragiles que d’autres qui ont justement besoin d’aborder de façon créative les savoirs enseignés, trouveront-ils dans des approches aussi formatées, des chemins de traverse, une fulgurance qui pourra ensuite les guider ? Il est urgent que nous revenions à nos profondes motivations dans le choix que nous avons fait d’enseigner pour trouver les moyens d’ouvrir » ces collusions inattendues « …

Pour sortir du marasme, il nous faut revenir à ce qui nous habite en profondeur et qui se nourrit des grandeurs du patrimoine humain dont nous sommes les passeurs. Susciterons- nous l’étonnement ? Découvrirons-nous encore ces rencontres imprévues que peuvent faire nos élèves, tous nos élèves ? Apprendre c’est bousculer son univers, c’est se laisser saisir par plus grand que soi. Enseigner, c’est permettre ces saisissements, c’est élargir l’horizon , enrichir chacun des univers de nos élèves tout en les reliant.

 

Véronique POUTOUX, 30 Avril 2024.

• Apprendre à se concentrer au collège

Apprendre à se concentrer au collège :  le programme d’éducation à l’attention ATOLE arrive !

Une fois n’est pas coutume sur notre site : auto-promotion pour le programme co réalisé par Bénédicte Dubois et Jean-Philippe Lachaux.
Actuellement sous presse, il sera disponible mi-juin, mais on peut le commander dès à présent auprès de l’éditeur.

En avant-première, la plaquette des éditions MDI :

 

• Moi… je fais de l’OUPSOLOGIE !

Comprendre la pédagogie de l’erreur et intervenir efficacement.

Un ouvrage de Pierre Paul Gagné, Normand Leblanc et André Rousseau, avec la collaboration de Jean-Philippe Lachaux et Michèle Mazeau
Préface : Edouard Gentaz
Que de pointures réunies pour cet excellent ouvrage !
L’objectif principal de cet ouvrage est de fournir aux intervenantes et aux intervenants des outils pour enrichir le répertoire des compétences exécutives des élèves, afin qu’ils puissent gérer efficacement les erreurs qu’ils commettent et qu’ils les évitent dans le futur.
La première partie de l’ouvrage, « Comprendre la pédagogie de l’erreur », présente en 10 thématiques une synthèse des assises théoriques qui soutiennent les outils et les stratégies proposés dans la seconde partie. On y aborde entre autres l’erreur et le biais cognitif, la rétroaction sur l’erreur, la façon dont le cerveau traite les erreurs, la gestion de la charge cognitive et son impact sur l’erreur, la typologie des erreurs (analyse et interprétation des erreurs courantes) ainsi que la gestion émotionnelle de l’erreur.

La seconde partie, « Intervenir efficacement », regroupe 45 « espaces médiateurs » qui présentent des contenus mettant entre autres l’accent sur des stratégies et des outils à privilégier en amont de la production d’erreurs. On y trouve des sujets tels que : les stratégies d’organisation des connaissances; la planification d’un processus cognitif; le contrôle exécutif et l’inhibition cognitive; le dialogue interne; la flexibilité mentale, etc. Des activités permettent aux apprenants de comprendre que l’erreur n’est pas un échec mais bien un outil pour apprendre plus efficacement.

Le matériel reproductible comprend des fiches d’activités, des questionnaires, des grilles et des outils d’intervention ainsi que des affiches en couleurs servant de déclencheurs à des discussions métacognitives. Il est disponible sur le site compagnon : https://oupsologie.site/

Une édition Chenelière Education (Canada) disponible chez l’éditeur français Pirouette Editions – 240 pages – 52€
https://www.pirouette-editions.fr

Note de la rédaction du site : merci de noter que l’information sur les publications telles que celle-ci, est gratuite. Le choix repose uniquement sur la qualité voire les coups de cœur et n’est en aucun cas rétribué par les éditeurs. Ph. Dubois

 

 

• Investir dans la compétence des équipes !

Pour l’inclusion scolaire, « il faut désormais investir massivement dans la compétence des équipes pédagogiques »

Ombeline Accarion, vice-présidente EELV de la Loire-Atlantique chargée du handicap et aussi professeure des écoles, alerte, dans une tribune au « Monde », sur les défauts de mise en œuvre de l’école inclusive et insiste sur les besoins concernant les moyens et l’accompagnement des enseignants.

Cette tribune paraît dans Le Monde de l’éducation. Vous avez accès au début de l’article seulement si vous n’êtes pas abonné, mais ça donne une idée…

L’article sur le site du « Monde »

• Un kit pédagogique pour les séances d’empathie à l’école

Un premier volume (ce kit devrait en comporter 3, à paraître courant 2024).
Dans le cadre de la prévention du harcèlement, le ministère de l’Éducation nationale lance une expérimentation de “cours d’empathie” dans plus de 1000 écoles volontaires entre janvier et juin 2024. Ce kit pédagogique, développé par la Dgesco, des délégations académiques, l’IGÉSR et Santé publique France, sera utilisé dans 30% de ces écoles.
Publié juste avant les vacances de Noël, il s’étalera sur trois volumes, avec les deuxième et troisième volets prévus pour fin janvier (en retard donc…) et le printemps.
On peut noter dès l’introduction, l’importance donnée au développement des compétences psychosociales (CPS).
Le kit, présenté comme une ressource directement mobilisable par les enseignants sans formation préalable, se veut prêt à l’emploi.
Évidemment, nombre d’enseignants, surtout s’ils sont vraiment volontaires et déjà sensibilisés aux CPS, sauront mettre du liant, du sens et de la profondeur en allant au-delà du kit.
Ce kit est bien sûr utilisable par les classes qui ne sont pas inscrites dans l’expérimentation (qui devrait être généralisée dès septembre !).

Le kit pédagogique (volume 1 – version janvier 2024)

 

 

• L’éducation inclusive et numérique : quelles convergences ?

Encore un dossier bien documenté de l’Ifé !
« Si le numérique peut participer de l’émancipation et du pouvoir d’agir de tous les publics, qu’ils soient en difficulté, à besoins particuliers, en situation de handicap ou issus de minorités, ceci n’est pas un allant de soi. Ce Dossier, en interrogeant en quoi le numérique peut constituer un moyen et/ou un frein pour l’éducation inclusive, permet d’examiner les apports et défis des technologies dans une perspective inclusive. (…)« 

Au sommaire :

Le dossier :

Edu inclusive et numérique IFE

• Quelques outils numériques pour l’accessibilité

Une sélection proposée sur le site d’actualités et d’informations des circonscriptions ASH du Pas-de-Calais.
Ces ressources seront bien sûr utiles aussi aux AESH.

Le site ASH 62

A noter, le site propose dans les « ressources numériques », le cartable de poche ASH62, qui permet de regrouper sur une clef USB une série d’applications pour l’élève sans nécessiter une installation. Mais les versions Windows de ces logiciels datent un peu et n’ont pas été actualisées. A tester donc…

• Faciliter l’acquisition du vocabulaire en maternelle

Synthèse de la recherche et recommandations, publiée par le CSEN (Conseil scientifique de l’éducation nationale)
Texte collectif coordonné par Ghislaine Dehaene-Lambertz

Les trois années de maternelle sont une période cruciale pour l’apprentissage du langage. Lorsqu’ils reçoivent une stimulation appropriée, les enfants de 3 à 6 ans apprennent entre 10 et 20 mots par jour. Le niveau de vocabulaire joue un rôle clé dans la compréhension orale et dans l’apprentissage de la lecture en CP. C’est la compétence qui différencie le plus fortement les enfants selon leur milieu socio-économique d’origine à l’entrée à l’école, et le retard des enfants les moins stimulés persiste souvent tout au long de la scolarité.
Afin d’aider les enseignants à comprendre ce qui se joue en maternelle, et à adopter des gestes pédagogiques susceptibles de réduire les inégalités entre les élèves, cette synthèse :
– résume les connaissances de la recherche sur la spécificité du français, les grandes étapes d’acquisition du langage et les mécanismes d’apprentissage des mots
– établit des principes d’efficacité et des recommandations sur les pratiques pédagogiques à privilégier, à partir d’une revue de littérature sur les interventions à l’école maternelle.

Voir notamment en page 28, L’apprentissage chez les enfants présentant des troubles du langage.

CSEN_Synthese_acquisition_vocabulaire_maternelle